Stage de printemps à Arrout

       Levée à 6h du matin pour partir en voiture à 6h40 de Toulouse, accompagnée de Michel, Bernard, Marion et Arvind, nous voilà arrivés à Arrout aux alentours de 9h : un petit village perdu dans l’Ariège, calme et paisible. Le gîte où nous avons logé est agréable car assez pittoresque. Il se compose d’une terrasse – généralement habitée par tous les espérantistes qui souhaitaient communiquer entre eux – d’une cuisine, de plusieurs salons –dont un où Marion a donné des cours à des enfants –, une espèce de bibliothèque, et, enfin, tout au fond – afin que ceux qui dorment ne soient pas dérangés par les discussions – les chambres. Ce qui m’a plu, en plus de l’atmosphère du lieu, c’est qu’il y avaient pleins d’endroits où on pouvait se retrouver tranquille, dans le calme, notamment la bibliothèque.

        A peine arrivés, nous avons vite compris que nous n’avions pas le temps de bailler aux corneilles : dès le matin de notre arrivée, à 10h30, on a de suite commencé les cours par de la traduction. Et pas des plus faciles : nous avions comme tâche de traduire un texte, Don Quichotte, en espéranto, qui se trouvait être en français, déjà traduit, évidemment, de l’espagnol, sa langue d’origine. Pour débuter, ce n’était vraiment pas facile ! Je tiens à dire que, excepté quelques mots anglais que je ne connaissais pas car ils étaient liés au vocabulaire de chevalier, le texte traduit en anglais était plus facile à comprendre que celui traduit en français – c ‘est dire ! On devait travailler “en groupe”, c’est à dire les traducteurs français avec les traducteurs français, et les traducteurs étrangers (qui avaient, eux, des textes en tamoul, en anglais, en italien etc) avec les traducteurs étrangers. J’ai quitté la table des français au bout d’une heure afin de me rapprocher de la version anglaise et, ainsi, comprendre les tenants et les aboutissants du texte.

        Vint la pause midi. Pour ce premier repas – bien que je n’ai pas été tenue au courant par manque de présence sur les réseaux sociaux –, on devait amener de quoi faire une espèce de pique-nique sur la terrasse, tous ensemble. Ainsi, nous avons eu l’occasion de découvrir la façon de cuisiner les légumes à l’italienne, une tarte aux herbes, des ailes de poulets déjà préparées, et tant d’autres choses, grâce à la diversité des invités. 

        Après ce coquet pique-nique, une pause était prévue avant de reprendre nos traductions corsées. Pendant cette pause, quelque uns ont fait la sieste, d’autres ont préféré faire une petite excursion dans le village d’à côté, Audressein. Me trouvant dans la deuxième catégorie de personnes, je peux vous dire que le coin d’Arrout est vraiment très sympa. C’est joli, c’est la campagne, on voit les Pyrénées au loin, c’est calme et reposant. Nous avons marché dans Audreissein, visité l’église et nous nous sommes prélassés au bord du fleuve qui passe à travers le village.

        Le cours était censé continuer après cette pause, mais ayant presque fini ma traduction et étant très fatiguée, j’ai plutôt décidé de dormir dans la bibliothèque. Je n’étais d’ailleurs pas la seule, car mes collègues ont préféré dormir eux aussi, mais dans notre chambre. Nous nous sommes tous retrouvés avant le dîner sur la terrasse dehors, à écouter de la musique espérantophone et à discuter. Après le dîner, d’inspiration pakistanaise, et plusieurs annonces pour tenir au courant les participants du stage des nouveautés sur Toulouse et des projets à venir, nous avons joué à quelques jeux de société espérantophones. Il y en avait une flopée, mais à cause de la longue journée qu’on avait eu, je dois avouer que nous étions plus impatients de rejoindre nos lits respectifs que nous avions pu le penser. Néanmoins, nous avons quand même joué à quelques jeux avant de dormir, comme Dobble et Duplik.

        Les lits étaient confortables, bien qu’un peu trop pourvus de ressorts. Mais grâce au calme de la campagne et si vous ne dormez pas avec des ronfleurs – car oui, il a fallu partager sa chambre par manque de place –, vous dormirez quand même plutôt bien. 

        Juste après le petit déjeuner, à 10h30 pétante, rebelote avec les traductions ! Mais après Don Quichotte, tout le monde a senti que le pire était derrière nous. Le texte qu’on devait traduire cette fois-ci était une pièce de théâtre de Samuel Beckett, intitulée Fin de Partie. En plus d’être un texte plus amusant que Don Quichotte, il était nettement plus abordable, et, grâce à toutes ses expressions un peu familière comme “il m’a salopé ceci”, ou “ça passe”, on a pu découvrir une autre facette de l’espéranto que, finalement, très peu utilisent, très peu connaissent. C’était très intéressant et je pense que, pour ma part, il m’arrivera de re-regarder la traduction pour me remémorer ce vocabulaire et l’utiliser dans mes prochaines rencontres espérantistes. 

        Après le repas et après une sieste bien méritée encore une fois dans la bibliothèque en compagnie d’un chat, il fut temps de partir. Nous avons pris la route au moment où l’AG de l’association Une école au Togo, qui soutient l’action d’une école créée par des espérantistes à Lomé, commençait. Nos hôtes et des participants au stage sont en effet des membres actifs de cette association.

        Je recommande à tous de participer à ce stage, car, en plus d’affiner vos connaissances dans la langue espéranto, c’est une très bonne opportunité de se retrouver à la campagne, au pied des Pyrénées, dans un moment convivial. C’est toujours très sympathique de participer à ce genre de sortie. Si vous n’aimez pas les traductions, il y a aussi des cours plus accès sur l’oral et des cours aussi pour débutants. Enfin bref, le stage à Arrout, une rencontre à essayer. Inscrivez-vous au prochain, en juin !

avril 16, 2019