Un mois à Białystok

Dzień dobry! 🇵🇱

Cela fait maintenant un mois que je suis arrivée en Pologne, et plus précisément à Białystok, où j’aiderai l’association d’espéranto locale – la Bjalistoka Esperanto-Societo (BES) – jusqu’au mois de janvier 2022. 

J’ai déjà visité des pays beaucoup plus éloignés de la France, mais je crois bien que c’est la première fois que je visite un pays dans lequel l’anglais n’est pas beaucoup utilisé, et ne maîtrisant pas (encore) le polonais, ça peut être parfois un réel challenge. Mais je dois avouer que l’espéranto est ce qui m’a fait me sentir à la maison dès le début. Białystok est la ville de naissance de Louis-Lazare Zamenhof, le père de l’espéranto, et même si la langue et sa culture restent inconnues pour beaucoup de personnes ici, il n’est pas rare de tomber sur quelque chose (mural, statue, plaque, hôtel, rue, restaurant, café…) faisant allusion ou mention de la langue internationale ou de son créateur.

Par exemple, le jour de mon arrivée, alors que j’étais encore dans le bus qui entrait à peine dans la ville, j’ai aperçu une peinture murale sur un immeuble avec une inscription que j’ai tout de suite comprise (j’ai cru que finalement le polonais n’était pas si difficile que ça). Tout de suite après avoir posé mes valises, je suis allée visiter le klubejo, le bureau de l’association où m’attendaient des espérantistes espagnols de passage à Białystok et qui m’ont fait visiter la ville et quelques endroits à voir absolument si l’on veut perfectionner sa culture espérantiste. Parler espéranto dès mon arrivée m’a vraiment rassurée : je parle en espéranto à Toulouse donc au final, c’est comme à la maison ! 

Le 4 septembre, c’était le jour de la « lecture nationale » en Pologne (Narodowe Czytanie) : tous les ans, le président choisit un livre issu de la littérature polonaise, et début septembre, des lectures publiques sont organisées partout dans le pays. Évidemment, c’est l’occasion de traduire et d’éditer le livre choisi en espéranto. Cette année, une pièce de théâtre de Gabriela Zapolska (La morale de Madame Dulska) était à l’honneur et j’ai donc participé à sa lecture en espéranto au Centre Ludwik Zamenhof (qui accueille également la bibliothèque espérantiste de la ville), avant d’aller voir la lecture organisée par la ville devant le célèbre Palais Branicki. C’était une expérience amusante mais aussi l’occasion de rencontrer enfin les membres de l’association et d’en revoir certains, que j’avais déjà pu rencontrer lors de leur passage à Toulouse !

Au Centre Ludwik Zamenhof a également eu lieu quelques jours plus tard la présentation du roman Solaris, traduit en espéranto par mon tuteur Przemysław Wierzbowski (“Pŝemek”) à l’occasion du centième anniversaire de son auteur, Stanisław Lem. Pŝemek a répondu à des questions, puis le début du livre a été lu pour un public qui n’était pas 100 % espérantiste, ce qui m’a un peu surprise. Peter Baláž et Dorota Rodzianko de l’association E@I s’étaient déplacés depuis la Slovaquie pour l’occasion, et avaient emmené avec eux… Lucas, que vous connaissez bien et qui est venu passer la semaine en Pologne ! Dorota ayant étudié à Białystok, elle nous a également montré les endroits incontournables de la ville (dont l’emplacement de la maison – aujourd’hui détruite – de Zamenhof) et nous a initiés à quelques spécialités locales comme la zapiekanka ou la gofry (c’est une gaufre). 

J’ai été pas mal occupée pour l’association pendant la semaine (à préparer des colis de livres pour les envoyer partout dans le monde – se faire comprendre et comprendre les employées à la poste polonaise est un réel défi –, à alimenter le site Internet ou à discuter avec les espérantistes venus nous rencontrer lors de la rencontre hebdomadaire à la bibliothèque…), donc Lucas a parfois visité les alentours seul, mais nous avons profité du week-end pour visiter Varsovie ! Son quartier historique est magnifique et comme ses façades sont souvent utilisées pour représenter la ville, j’ai été surprise de voir des bâtiments aussi modernes et des gratte-ciel (mais Varsovie ayant perdu 84 % de ses bâtiments pendant la Seconde Guerre mondiale, ce n’est au final pas si surprenant que ça…). Une fois sur place, nous avons évidemment contacté Szabolcs Szilva que beaucoup connaissent sous le nom de Sabi ! Il nous a montré de très beaux quartiers et nous a même invités au restaurant où j’ai pu tester le żurek (ça ne vaut pas les pierogis mais c’est bon quand même). Malheureusement, ce qui m’a le plus marquée de ce passage à Varsovie, c’est le vilain rhume qui m’a suivie jusqu’à Białystok et qui est resté toute la semaine suivant notre retour… Moi qui avais hâte de fuir la chaleur toulousaine, je suis servie ! 

Mais je suis aujourd’hui guérie, et suis prête à continuer ce pour quoi je suis ici ! Le club de conversation a repris et si tout se passe bien, les cours d’espéranto et le café des langues vont bientôt suivre, donc je ne vais probablement pas m’ennuyer.

D’ici là, prenez soin de vous, à bientôt et do widzenia 🙂

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