Josep : l’histoire méconnue des camps d’internement espagnols

l’histoire méconnue des camps d’internement espagnols 

Il y a maintenant plus d’un mois  (couvre-feu et reconfinement oblige) je suis allé voir « Josep » au cinéma, dans le cadre du festival Cinespaña.

C’est un film d’animation historique de 1h41 réalisé par Aurel, dessinateur de bande dessinée dont c’est le premier long métrage.

Le film débute en février 1939. C’est la fin de la guerre civile espagnole et, submergé par le flot de Républicains fuyant l’avancée des franquistes, le gouvernement français les parquent dans des camps. Deux hommes, séparés par les barbelés, vont se lier d’amitié. L’un est gendarme, l’autre est dessinateur. 

Grâce aux liens tissés entre ces deux personnages, nous pourrons suivre l’évolution des conditions de vie de Josep Bartolí (le dessinateur) dans les camps puis dans la vie qu’il décidera de mener à sa sortie, au Mexique et aux États-Unis. 

Un dessin des camps fait par Josep Bartolí.

Le film est assez violent : morts, viols et insalubrité sont présents et nous font ressentir l’angoisse de la vie des réfugiés. Il est ouvertement politique et tisse un lien entre hier et aujourd’hui, entre ces hommes et ces femmes parqués dans des camps des années 30 après avoir fui une dictature, et les migrants d’aujourd’hui. Eux aussi s’échappent comme ils peuvent de territoires en guerre vers une terre promise européenne pour terminer au fin fond de la Méditerranée ou dans des campements de fortune, dont l’insalubrité obéit à la même inhumanité que les camps de 1939.

C’est un film important car il ne faut pas oublier ces événements de notre histoire qui sont récents et pourtant trop peu connus.

Ce film m’a aussi permis de m’intéresser a un autre réfugié espagnol de la guerre civile, Jaume Grau Casas qui a vécu de 1939 à 1944 dans les camps et y a écrit un journal sur son expérience. Jaume était un espérantiste catalan et il n’a pu écrire son texte dans une de ces deux langues à cause de la censure (il est retourné vivre en Espagne après la guerre). Mais le livre a récemment été traduit par le poète espérantiste espagnol Miguel Fernández sous le titre « Tagoj kaj ruinoj ». Un livre très bien documenté et qui raconte notamment comment l’entraide espérantiste a permis à Jaume Grau Casas de survivre malgré la faim, le froid et les mauvais traitements.

Vous pourrez aller voir « Josep » quand les cinémas réouvriront et retrouver le livre « Tagoj kaj ruinoj » sur notre librairie en ligne au prix de 22€ https://toulouse.occeo.net/produit/tagoj-kaj-ruinoj/

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